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PIROGUES ET CASES Entre 70 000 et 40 000 ans avant notre ère, Homo sapiens, dans sa conquête vers l est, eff ectuait la première navigation hautu- rière connue. Un saut pour passer de l Asie à l Océanie entre les anciens continents Sunda et Sahul, ce dernier comprenant la Papouasie, l Australie et la Tasmanie.

Le peuplement des îles océaniques se fera bien plus tard avec l avancée des pirogues venues du Sud-Est asiatique, eff ectuant des bonds de plus en plus téméraires dans le plus vaste océan du monde. Lapita, lieu de découverte situé à Koné, a donné son nom aux marmites rituelles ornées de fi nes gravures dont les tessons témoignent de l installation de ce peuple migrateur aussi bien aux Loyauté que sur la Grande Terre vers 1100 av. J.-C.

Hormis les gravures énigmatiques, nom- mées pétroglyphes, ponctuant certains sites calédoniens, la tradition kanak est orale. La généalogie des clans est enton- née pour les grandes occasions, par exemple lors d un mariage permettant de renforcer les alliances. Les tumulus Nombreux à l île des Pins, mais aussi présents en d autres lieux, les tumulus restent une énigme. Ces dômes, formés de matériaux calibrés accumulés sur cinq mètres de haut et renfermant une âme cylindrique de mortier, semblent très anciens. Ils n ont livré le secret ni de leurs bâtisseurs ni de leur destination.

Case de chef canaque. © Archives de la Nouvelle-Calédonie. Album Gilberte Laroque ép. Moteley 1 Num 15 46

Case du chef Kaoua, 1866. © Archives de la Nouvelle-Calédonie. Album Robin - de Greslan 1 Num 1 42

Une pirogue sur le Diahot, 1866. © Archives de la Nouvelle-Calédonie. Album Robin - de Greslan 1 Num 1 35

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Pétroglyphes.

Au début de notre ère, les marmites Lapita disparaissent pour laisser place à des poteries plus utilitaires, les lan- gues se diversifi ent, d une île à l autre et même d une vallée à l autre. De nouvelles structures sociales s intègrent au paysage jusqu en haut des vallées. Les cases des clans sont groupées le long de l allée de la cheff erie dont la case peut dépasser 20 mètres de haut. Les vestiges impressionnants des terrasses irriguées pour la culture des taros démontrent la grande maîtrise d une population nom- breuse installée jusqu au cœur du pays.