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LES GRANDES PIROGUES Au XVIIIe siècle, les premiers contacts entre Européens et indigènes mélanésiens sont le fait de santaliers, baleiniers, commer- çants et autres aventuriers moins offi ciels. Mais bientôt pointent les voiles de visiteurs plus prestigieux. 1774, James Cook aborde le Caillou et le baptise. À bord de la Resolution, il fera deux escales, l une à Balade, sur la côte Est, l autre sur l îlot Améré, entre le sud de la Grande Terre et l île des Pins. 1788, La Pérouse, après avoir longé la côte occidentale, est victime d un cyclone et disparaît avec ses deux navires, la Boussole et l Astrolabe... Les preuves de ce naufrage seront découvertes, bien plus tard, sur le récif de Vanikoro aux Salomon. 1793, à la recherche de La Pérouse, Bruny d Entrecasteaux et Huon de Kermadec, commandant respectivement la Recherche et l Espérance, abordent l île. Huon de Kermadec meurt à Balade, c est le tout premier Européen à avoir été inhumé en terre calédonienne (sur l îlot Poudioué, en face de Balade). 1828, Jules Dumont d Urville, sur la trace de La Pérouse, explore les îles Loyauté et en dresse la première carte précise, sans mettre pied à terre. 1853, le 24 septembre à Balade, puis le 29 à Vao, le contre-amiral Febvrier Despointes prend possession du pays au nom de la France, en présence de chefs coutumiers. La rivalité entre Français et Britanniques durera cependant jusqu en 1864 aux Loyauté.

NOUVELLES COUTUMES Des missionnaires protestants, dès 1840, et catholiques, à partir de 1843, entre- prennent l évangélisation des Kanak, sur fond de luttes d infl uence. Les catéchistes polynésiens connaissent le succès aux Loyauté. Ailleurs, l écart culturel avec les religieux européens est source de rejets et de drames. Cependant, les missions fi nissent par étendre leur infl uence à toutes les tribus. Les écoles confession- nelles resteront longtemps le seul accès à l enseignement élémentaire pour les Kanak, régis par le Code de l indigénat à partir de 1887.

L église de Pouébo, côte Nord-Est, 1867. © Archives de la Nouvelle-Calédonie. Album Robin - de Greslan 1 Num 1 37

Les tribus sont délimitées et nommées, leurs chefs sont nommés par le gouverneur de la colonie. Les Kanak sont soumis à des interdits spécifi ques comme celui de circu- ler hors de leurs arrondissements. Chaque homme doit payer l impôt de capitation et se soumettre au travail obligatoire. Le mécontentement des Kanak, spoliés brutalement de leurs terres au profi t de colons ou de bagnards libérés, culmine en 1878 avec la révolte d Ataï, populaire Vercingétorix local. À cette époque, la population indigène du Caillou décline, tandis que les secteurs économiques en essor (mine, agriculture, industrie métallurgique) ont recours à une main-d œuvre asiatique ou océanienne. Le Code de l indigénat sera en vigueur jusqu à ce que la colonie devienne un Territoire d outre-mer, en 1946.

L Astrolabe Extrait de Lapérouse, voyage autour du monde.

Les missionnaires débarquent à Balade. © Archives Musée de la Ville de Nouméa

La Recherche et l Espérance F.-G. Roux.