un labyrinthe de verdure, est très rituali- sée et très soignée, surtout dans le cas de celle du chef, dominant l allée bordée par les maisons de ses sujets, aux proportions plus modestes. L univers kanak est partagé entre deux infl uences :

LA CASE ET L IGNAME La culture kanak « moderne » démarre avec la période Naïa-Oundjo, au début de l ère chrétienne. Elle se répand en se diff é- renciant du nord au sud, tout en préservant une homogénéité est-ouest au travers de la Chaîne. Il se forme une mosaïque de petits pays, maintenant leur culture orale propre dans 37 langues et variantes diff érentes.

L habitat est constitué de cases, souvent rondes, faites de bois liés par des lianes et cou- vertes de paille ; leur implanta-

tion incarne les relations entre les lignées, sous la protection des ancêtres. Les effi gies de ces gardiens sont omnipré- sentes, du seuil à la fl èche faîtière, en passant par les chambranles, les poteaux sculptés... Les cases de la Grande Terre peuvent être très élancées, tandis que celles des Loyauté sont tra- pues et souvent couvertes

sans rupture du sol au toit. Comme toutes les activités

importantes, culture, pêche, chasse, guerre, sculpture..., la

construction des cases, enchâssées dans

La case de la cheff erie de Bwarhat, à Hienghène.

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Igname.

Flèche faîtière. © Pierre Larue

un principe masculin, qui englobe le pin colonnaire, l igname, tout ce qui est sec ; un principe féminin, incarné par le coco- tier, le taro, ce qui est mouillé ou gras. Les ancêtres ne sont pas morts, ils sont simplement désincarnés et continuent d habiter les environs en infl uençant la vie de leur descendance par des signes surna- turels et au travers de rituels ou de rêves. La danse (pilou), qui accompagne toutes les occasions marquantes, a une grande valeur spirituelle. La vie traditionnelle est rythmée par le calendrier éternel du cycle des ignames, tubercules sacrés qui participent à toutes les cérémonies importantes, dont la fête des prémices.